Choisir son alimentation suivant son profil ayurvédique

Principes de l’alimentation ayurvédiques

Les trois gunas : sattva, raja et tama

Dans la tradition indienne, il existe trois gunas, ou composantes subtiles de l’univers : sattva, raja et tama :

  • Sattva est la composante la plus proche du divin, la plus pure, celle à laquelle nous devons tous tendre. Elle est synonyme de connaissance. Elle s’exprime par le bonheur, et par de nombreuses vertus, comme la capacité de pardonner ou la patience. C’est l’apanage des sages.  Sattva apporte la clarté. C’est l’énergie de la potentialité.
  • Tama, au contraire de sattva, est une énergie primaire, liée à l’ignorance et l’immobilité. Elle est exprimée par la paresse, la cupidité ou encore la luxure. Tama apporte des expériences matérielles. C’est l’énergie de l’inertie.
  • Raja est la composante qui relie les deux. C’est l’action et la passion. Cette action peut servir soit sattva soit tama.  Raja apporte la perception. C’est l’énergie du mouvement.

Selon cette vision du monde, l’homme ou la femme dits sattviques, vivent en harmonie et au service de la communauté, sans attente de gain. Les personnes à dominantes dite tamasique, au contraire, sont sans scrupules et peuvent faire du mal aux autres.

Enfin, les personnes à dominantes dite rajasique sont motivées par le gain personnel et leur propre succès. Comme pour les doshas, il est extrêmement rare qu’une personne soit à cent pour cent alignée sur un seul guna.

La plupart d’entre nous répondons à des profils raja-sattva, raja-tama, sattva-raja, etc…

L’ayurvéda recherche un état sattvique. Il existe un régime alimentaire sattvique qui privilégie les aliments qui soutiennent ce guna. C’est un régime adopté par de nombreux yogis et moines. Il est majoritairement végétarien, car il n’est pas question de tuer massivement ou de faire souffrir des animaux pour subvenir à sa faim, du point de vue sattvique.

Néanmoins, les trois gunas ont chacun une fonction essentielle. Sattva nous éveille, alors que les rajas mettent en mouvement notre créativité, nos pensées et nos émotions. Enfin, les tamas nous portent au sommeil et au repos.

Aliments et gunas

Les aliments sont classés soit sattviques, soit rajasiques, soit tamasiques. Les nourritures sattviques sont légères et faciles à digérer, alors que les nourritures rajasiques sont stimulantes et les nourritures tamasiques sont lourdes. La plupart des viandes rouges sont tamasiques. Les plats épicés ou salés sont généralement rajasiques. Les chips de pomme de terre salées sont rajasiques par exemple. Attention, les nourritures tamasiques ne sont pas intrinsèquement mauvaises : mauvaises en excès, ces nourritures ont un effet stabilisant et ramènent à la terre lorsque consommées en modération.

Chaque aliment est lui-même spécifiquement lié à un guna. Par exemple, la mangue est sattvique, les pommes sont rajasiques alors que les avocats sont tamasiques. De la même manière, la salade est sattvique, alors que les pommes de terre sont rajasiques, et les champignons sont tamasiques. La plupart des aliments se répartissent entre les trois gunas à l’exception de la viande, qui n’est jamais sattvique. Le poulet est rajasique et le porc est tamasique…

Grâce à ces connaissances, on essayera d’équilibrer les apports alimentaires en fonction des gunas. Les gunas sont également liés aux doshas.

Relations entre les doshas et les gunas

Chaque qualité d’un dosha est soit sattvique, soit rajasique, soit tamasique. Pour pouvoir établir votre régime ayurvédique, il est nécessaire de connaître au préalable votre dosha. Vous pouvez en prendre connaissance ici si ce n’est pas déjà fait.

Ces relations sont holistiques, et touchent à nos états psychologiques et émotionnels.

Par exemple, l’une des qualités de vata est la clarté : c’est un aspect sattvique de vata. Par contre les personnes de profil vata peuvent tendre à l’hyperactivité, un des aspect rajasiques de vata. Enfin l’aspect tamasique de vata peut s’exprimer par la confusion ou la tristesse.

Pour un profil pitta, un des aspects sattviques importants est la connaissance, alors que l’aspect rajasique de pitta peut inclure l’agressivité ou la compétitivité. L’aspect tamasique de pitta est lié à la colère ou la jalousie.

Enfin pour un profil kapha, l’aspect sattvique le plus fort est la capacité à l’amour, alors que l’équivalent rajasique de cette qualité peut s’exprimer sous forme de possessivité. Les pendants tamasiques incluent la dépression et l’inconscience.

Quel lien avec l’alimentation ? En régulant notre dosha au travers d’une alimentation consciente de ces éléments, nous prendrons soin de notre équilibré physique, mais aussi de notre équilibre psychologique, émotionnel et énergétique.

C’est pourquoi une compréhension de ces éléments nous guidera pour faire des choix précis et personnalisés dans notre alimentation. Le but est toujours d’équilibrer les éléments et de tendre vers sattva.

Nos comportements et notre alimentation sont en outre très liés : un excès de kapha se manifestera par de la léthargie et une surconsommation d’aliments gras ou sucrés, un excès de vata par trop d’activité et des repas manqués ou incomplets, un excès de pitta par de l’irritabilité et trop de nourritures épicées.

L’alimentation participe à l’équilibre des doshas et des gunas. Selon l’ayurvéda, une alimentation tamasique en excès, ou à l’encontre de notre dosha, pourra être responsable de déséquilibres physiques, émotionnels et psychologiques. Au contraire, une alimentation à visée sattvique, en accord avec notre dosha, apportera vitalité et bien-être sur tous les plans.

Les six goûts et les éléments de l’alimentation ayurvédique

Il existe des relations simples entre les goûts et les éléments. Ces relations peuvent nous aider à choisir des aliments un peu plus intuitivement :

  • Sucré : terre et eau
  • Salé : eau et feu
  • Acide (aigre) : terre et feu
  • Epicé (piquant, fort) : feu et air
  • Amer : air et éther
  • Astringent : air et terre

Relations entre les doshas et les goûts

  • Vata (air-éther) est équilibré par le sucré (terre-eau), le salé (eau-feu) et l’acide (terre –feu), mais non par l’épicé (feu-air), l’amer (air-éther) ou l’astringent (air-terre).
  • Pitta (feu-eau) est équilibré par le sucré (terre-eau), l’amer (air-éther) et l’astringent (air-terre) mais non par le salé (eau-feu), l’épicé (feu-air), ou l’acide (terre –feu).
  • Kapha (terre-eau) est équilibré par l’épicé (feu-air), l’amer (air-éther) et l’astringent (air-terre), mais non par le sucré (terre-eau), l’acide (terre –feu) ou le salé (eau-feu).

Les goûts ont donc un rôle dans l’équilibrage des doshas. De manière générale, les goûts liés aux éléments qui sont les moins représentés dans votre profil ayurvédique sont bons pour vous. Bien sûr, cela ne veut pas dire que vous pouvez en faire excès. Par exemple, le sucré est bénéfique à vata et pitta et non à kapha.

Cela signifie qu’une part de gâteaux aura des conséquences plus lourdes pour les personnes kapha que pour les vata et pitta. Cela ne veut pas dire que vous pouvez en prendre cinq part sans avoir une indigestion si vous êtes de profil pitta ou vata. Encore une fois, l’ayurvéda fait appel au bon sens et à la modération.

Si vous n’êtes pas sûr qu’un aliment soit bénéfique ou non, demandez-vous dans quelle catégorie de goût il se situe, et en fonction de votre dosha, si cette catégorie de goût vous est recommandée ou non.

Les vingt qualités en ayurvéda

Au-delà de ces équivalences, l’ayurvéda se base sur vingt qualités, organisées en paires contraires :

  • Lourd / léger
  • Gras/ sec
  • Stable/ en mouvement
  • Glissant / rêche
  • Grossier/ subtil
  • Froid/chaud
  • Lent/rapide
  • Mou/dur
  • Dense / liquide
  • Nuageux/ clair

Ces qualités se trouvent en toutes choses, elles peuvent s’appliquer à la météo du jour, à une sensation, une émotion, ou encore … à un aliment.

En fonction de votre dosha, chacune de ces qualités vous est plus ou moins bénéfique. Il n’y a pas de qualité qui soit totalement « mauvaise » mais plutôt des qualités à éviter ou dont réduire l’apport.

Par exemple, si une personne est en excès de kapha, et souffre de lenteur et d’inactivité, il faut à ce moment-là éviter les aliments kapha, et privilégier les aliments pitta et vata qui soutiennent énergétiquement l’activité et la rapidité.

Néanmoins, lorsque kapha est équilibré, une personne de profil kapha peut consommer des aliments du même dosha avec modération.

Le principe d’équilibre dans l’alimentation ayurvédique

Comment mettre en application toutes ces notions de doshas, de gunas, et de qualités, au quotidien ?

Le principe qui guide l’ayurvéda est simple : un dosha, ou une qualité, augmente le dosha, ou la qualité similaire. Par exemple, si mon dosha est vata et que je consomme beaucoup d’aliments vata, je risque de créer un excès de vata. Cet excès peut être détecté par l’apparition d’un des symptômes d’un désagrément de nature vata.

La règle contraire est valable : les opposés se font décroître. Donc, dans ce même exemple, il est recommandé de consommer des aliments pitta et kapha pour réguler la tendance initiale vata.

L’ayurvéda travaille donc avec les contraires. Répondant au chaud par le froid, à l’humide par le sec, au mouvement par la stabilité, et ainsi de suite. Du bon sens, en quelques sortes !

Alimentation ayurvédique : recommandations générales

L’alimentation ayurvédique n’est pas vraiment un régime. Il est important pour la médecine ayurvédique que chacun mange à sa faim, sans privations excessives.

Il est aussi important de se faire plaisir en mangeant, car la nourriture nous relie à la terre et au plaisir d’être en vie et de savourer les choses. Là où l’ayurvéda est plus directif, c’est en ce qui concerne la qualité des produits qui composent notre alimentation.

L’alimentation ayurvédique doit être fraîche, et la plus pure possible, c’est-à-dire exempte d’additifs, pesticides, herbicides ou autres produits ajoutés. De manière générale, il est recommandé de privilégier des sources les plus saines possible et de s’abstenir de consommer des produits industriels transformés.

Il est aussi conseillé de prendre le temps de manger, de s’assoir au calme et … d’apprécier !

Ces règles de bon sens sont faciles à appliquer, même avant d’entrer plus en détail dans une compréhension de l’alimentation ayurvédique en fonction de votre dosha. Voici d’autres recommandations générales :

  • Eviter les excès de nourriture ou de boisson
  • Eviter de manger si vous n’avez pas faim
  • Ne pas consommer de boissons sucrées ou glacées pendant les repas
  • Eviter de manger sous le coup d’une émotion forte
  • Eviter de grignoter entre les repas
  • Toujours consommer les fruits en dehors des repas
  • Eviter certaines combinaisons d’aliments

Combinaisons d’aliments à éviter

Ces règles simples qui s’appliquent à tous, sont bien souvent présentes dans d’autres traditions diététiques, ou en naturopathie. On conseille d’éviter certaines combinaisons et certains mélanges comme les fruits avec des produits laitiers. Le milk-shake à la banane, ou la crème au citron sont malheureusement sur la liste des combinaisons à éviter.

Selon cette règle, tous les smoothies faits avec des yaourts ou du lait sont donc à bannir. On consommera une banane hors des repas et un yaourt ou autre produit laitier hors des repas également. L’acidité du mélange est ici prise en considération et non le bénéfice de chaque ingrédient uniquement.

Il y a des aliments qui ne doivent être consommés que seuls, comme le melon.

La préparation, la transformation et la combinaison des aliments sont aussi importantes que leur nature première. Pour certains aliments sujets à transformation, comme les olives, c’est leur mode de préparation qui détermine le dosha.

Purifications et « détox »

L’ayurvéda peut aussi recommander un programme de ‘détox’ lorsque c’est nécessaire. La vie moderne et la consommation de produits transformés surchargent souvent l’organisme. Dans ce cas, des protocoles de purification sont mis en place en plus du régime, pour libérer le corps.

La recommandation de purifications dépend de votre état de santé, de votre mode de vie, et de nombres de facteurs psychologiques, physiques et émotionnels. Il est donc préférable d’être guidé par un spécialiste avant de mettre en application ces protocoles.

Une personne qui a passé des mois ou des années à s’alimenter de nourritures industrielles, dans un environnement stressant, n’aura pas du tout les mêmes besoins qu’une personne qui se nourrit de fruits et légumes frais et vit dans un environnement calme et pacifique.

Dans beaucoup de cas, les purifications vont de pair avec des changements de mode de vie, si ces derniers sont la cause du mal-être. Il ne s’agit pas de prendre une semaine de vacances bien-être, mais bien de modifier ses comportements au quotidien.

L’alimentation ayurvédique et les dosha

Comment lire les recommandations alimentaires pour votre dosha

Certains aliments sont recommandés pour votre dosha alors que d’autres ne le sont pas. Gardez en mémoire qu’il s’agit de recommandations, et que généralement, un aliment non-recommandé pour votre dosha peut être consommé sans conséquences graves en modération, à moins que vous ne souffriez de problèmes de santé particuliers.

Ces recommandations sont donc à prendre avec précaution, et à adapter à vos besoins. Si l’un de vos plats préférés est composés d’aliments qui ne vous sont pas recommandés, vous pouvez modérer votre consommation plutôt que de vous en priver complètement.

Le régime alimentaire ayurvédique demande de la discipline mais ne doit pas être une source de fortes frustrations ou d’orthorexie. Il s’agit d’avoir conscience des aliments qui nous sont bénéfiques, et non de contrôler à tout prix son assiette. Au marché, privilégiez des fruits et légumes qui sont bénéfiques à votre dosha, et tentez l’expérience de nouveaux aliments qui vous sont recommandés.

Observez les effets sur votre état général et votre vitalité. Mais surtout, l’alimentation ayurvédique peut vous aider à repérer les aliments qui ne vous sont pas bénéfiques. Ensuite, tout est question de discipline et de motivation personnelle, pour réduire ou arrêter leur consommation.

Découvrez nos recommendation d’alimentations en fonction de votre dosha :