Les extraordinaires vertus et propriétés de la Sauge Blanche

 

Les sauges au travers de l’histoire et des cultures

La sauge est une plante médicinale utilisée rituellement dans de nombreuses cultures au travers de l’histoire. Son nom latin salvia, vient de salvare, qui veut dire « sauver ». La sauge est donc littéralement « la plante qui sauve ». Parfois nommée salvia savatrix, ou « plante qui sauve et qui guérit », la sauge est une des plantes majeures de l’herboristerie. Il existe un grand nombre de sauges, dont la sauge blanche (salvia apiana).

Sauge blanche et sauges

Cette dernière est différente de la sauge commune (salvia officinalis) et de la sauge sclarée (salvia sclarea), mieux connues de l’herboristerie et de la cuisine européennes. Cette lamiacée, aussi connue sous le nom de sauge sacrée, provient d’Amérique du Nord. On la nomme salvia apiana du latin apis car elle attire les abeilles.

De couleur plus pâle que sa cousine européenne, ses feuilles velues sont d’un vert-gris, et ses fleurs vont du violet au rose. Elle peut s’hybrider avec l’espèce salvia mellifera ou sauge noire, originaire de Californie, elle aussi propice aux abeilles, comme son nom latin l’indique. La sauge blanche porte aussi le nom populaire de « sauge blanche de Californie », car son usage traditionnel proviendrait de nombreuses tribus autochtones de cette zone, dont les Cahuilla ou les Kumeyaay.

En réalité, de nombreuses tribus en ont fait usage au travers de toute l’Amérique du Nord et de l’Amérique Centrale. La sauge blanche partage de nombreux aspects de la sauge officinale, sauf que la concentration d’huiles essentielles de cette dernière est bien plus élevée, en faisant une espèce particulièrement appréciée sur le plan médicinal et rituel.

Une plante médicinale et sacrée au travers de l’histoire

L’usage de la sauge durant Antiquité

Au travers du monde, les sauges sont généralement considérées d’excellentes alliées d’une bonne santé. En Chine comme en Inde, dans le monde Arabe, en Europe, aux Etats-Unis…. La sauge fait partie de toutes les bonnes herboristeries.

 En Chine et dans le monde Arabe, les sauges ont été utilisées pour leur bienfaits et leurs propriétés antibactériennes et astringentes très tôt. La sauge entre dans la composition de préparations pour soigner les fièvres, les maux de gorge, ou les rhumes dans ces deux cultures. Les Chinois s’en servent aussi pour remédier aux problèmes digestifs et pour soigner le système nerveux, le foie ou les reins.

Pour les grecs et les romains, la sauge est une panacée. Dans l’Antiquité Gréco-Romaine, la sauge est symbole d’immortalité et de longue vie. On l’utilisait pour faciliter la digestion, conserver les viandes, ou encore en cataplasme contre les morsures de serpent. On trouve une référence à l’usage de la sauge contre ces morsures chez Pline l’Ancien, qui la recommande également pour soigner l’épilepsie, les vers intestinaux, les problèmes de bronches ou encore les règles douloureuses.

Les Egyptiens, eux, utilisaient la sauge en infusion pour la fertilité. Pour ces derniers, comme pour les grecs, la sauge était également une plante médicinale utilisée pour renforcer la mémoire.

De nombreuse légendes autour de la sauge

Pour les grecs, les romains ou les égyptiens la sauge est une plante médicinale mais aussi une herba sacra, c’est-à-dire une plante sacrée. En témoignent de nombreuses légendes à son sujet.

Une légende grecque raconte que Zeus aurait grandi près d’un buisson de sauge, dont se nourrissait la chèvre Amalthée. Le lait d’Amalthée dont Zeus a été nourri, aurait acquis un pouvoir divin grâce à la sauge.

Mais il n’y a pas que dans l’Antiquité que la sauge fait parler d’elle. Une légende chrétienne attribue le nom de la sauge à Marie, qui aurait caché Jésus dans un buisson de sauge pour échapper aux hommes d’Hérodes. Ce serait Marie qui l’aurait donc nommée « la plante qui sauve ».

Des Carolingiens à aujourd’hui

En Europe, la sauge officinale fait partie des aromatiques les plus utilisées, en particulier en France, où l’infusion de sauge est appréciée depuis des siècles. Il existe des traces documentaires de l’utilisation de la sauge par Charlemagne, qui en fit planter dans l’Allemagne actuelle. La sauge entre dans le Capitulaire de Villis au neuvième siècle, ouvrage qui recense les plantes préconisées par Charlemagne pour les jardins royaux. La sauge trouve donc sa place à la cour, où plus tard, Louis XIV fera l’éloge de cette plante, dont il aimait boire des infusions.

La grande Hildegarde de Bingen consacre de nombreuses pages à la sauge qu’elle emploie dans de nombreux remèdes pour réguler la digestion et l’appétit, calmer la toux, endiguer la fièvre ou l’insomnie ou encore soigner des contusions. L’Abbesse décrit elle aussi une autre dimension de la plante, plus mystique, et parle de son effet sur les émotions, calmant la colère et apaisant la mélancolie.

Au travers des siècles, la sauge fait partie des herbiers. On la retrouve au Moyen-âge, dans l’herboristerie des moines et sous la serpe des Druides Celtes. Ces derniers l’ajoutent à l’hydromel et la cervoise pour en faire des breuvages sacrés. Ils l’utilisent aussi pour ses bienfaits médicinaux, soignant les fièvres et les toux, et préparant des remèdes destinés aux femmes.

A la Renaissance, on donne du vin de sauge aux malades pour calmer les sueurs nocturnes. Puis au 18ème siècle, apparaissent les cigarettes de sauge, que l’on donnait aux asthmatiques.

Alors qu’en Europe les usages de la sauge sont nombreux, elle reste une plante sacrée centrale des cultures natives des Amériques. Au Mexique, en Amérique du Nord et du Sud, les chamans ont recours à la sauge blanche mais aussi à une espèce particulière de sauge, nommée « sauge des devins » ou salvia divinorum. Cette dernière est la seule sauge à posséder des propriétés psychoactives. Elle est traditionnellement fumée par les chamans pour entrer en contact avec le monde des esprits.

Si la sauge trouve une place d’honneur parmi les plantes médicinales dans le monde entier, c’est parce que sa composition en fait une plante unique.

Les sauges et la sauge blanche : composition

La sauge blanche est une espèce particulièrement recherchée mais il existe environ neuf cent espèces de sauge dans le monde.[1] Toutes ces sauges ont des applications thérapeutiques communes, bien qu’elles présentent des différences de composition. La sauge blanche compte parmi les sauges les plus intéressantes en termes de composition chimique. C’est également l’une des plus puissantes.

Composition chimique de la sauge

Les sauges sont riches en huiles essentielles, mais la sauge blanche en contient plus que ses cousines. Elle est plus aromatique, comme le sont souvent les espèces qui poussent en milieu plus aride.

La sauge blanche contient des huiles essentielles riches en terpènes (dont des diterpènes et triterpènes), aux propriétés antiseptiques et antibactériennes. On note la présence d’acide ursolique, connu pour ses propriétés antimicrobiennes, antivirales et anti cancérigènes. La sauge blanche contient également de l’acide carnosique, un antioxydant qui protège les cellules de la peau des rayons ultraviolets. On trouve également du jaceosidin dans sa composition chimique. Ce dernier est un anti-inflammatoire, un antibactérien et un anti-allergène. Cette composition en fait une plante au profil très intéressant sur le plan médicinal.

Les sauges contiennent aussi des hormones végétales, ou phythormones, qui permettent de comprendre pourquoi cette plante a été utilisée à des fins gynécologiques par tant de cultures. Si la sauge blanche a été utilisée à cet effet aux Etats-Unis, en Europe c’est la sauge sclarée qui a été préférée alors que la sauge blanche n’y était pas encore connue. Les sauges contiennent des saponosides, qui ont une activité dite « œstrogène-like » c’est-à-dire qu’elle imitent l’œstrogène. Le fonctionnement des œstrogènes-like de la sauge n’a été mis en évidence qu’en 1938, validant des millénaires d’usage folklorique éclairé. Les sauges contiennent aussi des flavonoïdes, sources d’antioxydants, des tanins, des minéraux … Mais leur secret est surtout leur contenu élevé en huiles essentielles.

Composition de l’huile essentielle de sauge

L’huile essentielle de sauge contient principalement de l’eucalyptol (1,8 cinéole), du camphre, des thujones, des alpha-pinènes, des myrcènes et des limonènes. Elle est rarement utilisée pure, car son contenu en cétones est très élevé (environ 60%[2]).Parmi ces cétones, il y a des thujones (alpha- et bêta- thujones) et du camphre (environ 10 à 20% de camphre2). Le thujone est un neurotoxique alors que le camphre est un abortif et un neurotoxique qui doit être utilisé avec précaution. C’est pour cette raison que la sauge est déconseillée aux femmes enceintes ou aux jeunes enfants. Le camphre est par ailleurs un puissant antiviral.

Usages médicinaux de la sauge

Sous quelle forme utilise-t-on la sauge ?

Parties de la sauge qui sont utilisées

On utilise principalement la feuille la sauge, mais les tiges et les racines ont aussi des propriétés médicinales et sont parfois employées ensemble ou séparément. Certaines tribus natives de l’Amérique du Nord consomment également la graine de sauge blanche.

La feuille de sauge blanche est utilisée séchée et brûlée, mais elle est aussi employée traditionnellement dans l’élaboration de préparations médicinales, infusions, décoctions, cataplasmes et teintures mères.

Infusion et décoction à la sauge

L’infusion et la décoction de sauge sont connues pour apaiser les règles douloureuses et aider à la digestion. Elles sont déconseillées aux femmes enceinte ou allaitant. Dans les tribus autochtones, on donne souvent aux femmes de la sauge après un accouchement. Son emploi pour la santé féminine est lié à ses propriétés hémostatiques, c’est-à-dire qui ralentissent les saignements.

Consommée sous cette forme, la sauge blanche est aussi utilisée comme antiseptique, pour faire diminuer les sueurs, les sécrétions de mucus, et apaiser les maux de gorge. Elle a aussi des propriétés diurétiques et régulatrices du système hormonal.

De manière générale, la consommation de l’infusion ne présente pas de risque. Par contre la décoction peut être relativement puissante, et il est conseillé de bien surveiller le temps de décoction. Attention, si la décoction est trop forte, elle peut provoquer des nausées.

La réalisation de teinture mère

On réalise aussi des teintures mères à partir de la feuille ou de la racine de sauge blanche, aux effets plus puissants que la consommation d’infusion ou de décoction. Pour consommer la teinture mère, il est sage de se faire accompagner par un phytothérapeute. La racine a également des propriétés antibactériennes et antifongiques, qui peuvent être utilisées pour combattre des streptocoques ou la candidose.

Cataplasme

Le cataplasme élaboré à partir de sauge fraîche est traditionnellement employé sur les plaies pour arrêter les saignements. Le cataplasme de sauge est sans risque et peut être réalisé à la maison.

Huile essentielle de sauge

L’huile essentielle de sauge est un remède puissant. Il est généralement déconseillé de s’en servir sans une bonne compréhension de l’aromathérapie. C’est une huile potentiellement dangereuse, avec un certain degré de toxicité si elle mal utilisée. Rappelez-vous que pour obtenir une petite bouteille d’huile, on a recours à plusieurs dizaines de kilos de sauge.

La composition chimique de l’huile essentielle diffère d’une espèce à l’autre. Comme le notent Franchomme, Jollois et Pénoël « La sauge officinale (Salvia officinalis) : riche en cétones neurotoxiques, (est) à différencier de la sauge sclarée (Salvia sclarea), d’odeur ambrée et musquée, riche en esters aromatiques antiépileptisants, et en dialcool diterpénique oestrogen-like. » [3]

L’huile essentielle de sauge blanche est relativement rare et particulièrement puissante. Si malgré tout vous utilisez de l’huile essentielle de sauge blanche, pensez à bien la diluer, et utilisez de très petites quantités (quelques gouttes suffisent). Cette huile ne doit en aucun cas être employée en la présence de femmes enceintes ou allaitant, et de très jeunes enfants.

Principales applications médicinales de la sauge

Usages médicinaux

Antiseptique, astringente, digestive, anti-oxydante, antispasmodique, tonique, œstrogène-like… la liste des propriétés médicinales de la sauge est longue. Elle entre donc dans des préparations médicinales visant le système digestif, le système nerveux, la sphère ORL, ainsi que le système reproducteur féminin.

Système digestif

Plante digestive, la sauge se consomme après un bon repas. Elle stimule l’appétit et apaise les maux d’estomac. On l’utilise pour soigner les gastro-entérites, les diarrhées, les ballonnements ou les indigestions. C’est une antispasmodique et une tonique du foie (il est donc sage de faire attention lorsque l’on consomme de l’alcool ou des médicaments qui peuvent saturer le foie).

Mémoire et système nerveux

Utilisée dans le traitement d’Alzheimer et pour améliorer la mémoire (pour son effet sur l’acétylcholine), la sauge est aussi utile pour calmer l’agitation. Les bases scientifiques de cet usage sont encore en cours de recherche, en particulier en ce qui concerne son potentiel thérapeutique dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. La sauge est aussi une tonique du système nerveux.

Affections respiratoires

Utilisée en inhalation, infusion, décoction ou teinture mère, la sauge est utile dans le traitement des rhumes, des bronchites, des sinusites et de l’asthme. Ses propriétés expectorantes en font une alliée pour dégager les bronches. Connue pour adoucir les maux de gorge, elle est également utilisée dans le traitement des laryngites et des pharyngites.

Fièvres et sueurs

La sauge aide à faire tomber la fièvre, et à endiguer la transpiration liée à cette dernière. C’est un remède contre la grippe et les affections hivernales.

Système immunitaire

La sauge aide aussi notre système immunitaire à se défendre. C’est pour cette raison qu’elle est utile contre différentes affections.  

L’alliée des femmes

Enfin, la sauge apaise les règles douloureuses et les bouffées de chaleur de la ménopause, grâce à ses œstrogènes-like. Elle est aussi recommandée en cas de retard de règles, de règles peu abondantes (aménorrhées), ou de syndrome prémenstruel difficile car c’est un régulateur hormonal et un tonique utérin. Alliée de la fertilité, c’est aussi une compagne de l’accouchement, parfois utilisée pour stimuler la délivrance (expulsion du placenta). Attention, il est impératif de ne pas consommer de sauge lors des premières semaines de la grossesse, du fait des propriétés abortives de cette dernière.

Utilisation cosmétique de la sauge

La sauge possède aussi des propriétés anti-oxydantes, d’où sa place d’honneur en cosmétique, et dans les crèmes anti-âge. Elle entre aussi dans des préparations cosmétiques pour les peaux et les cheveux gras pour ses propriétés astringentes.

La sauge et les émotions

Sur le plan émotionnel, la sauge est indiquée en cas de fatigue, de dépression et de tristesse. On dit qu’elle permet de tonifier nos sens et notre mémoire. Son effet sur la cognition est encore sujet à des recherches scientifiques.

Usages rituels de la sauge 

La sauge est associée à la guérison, la prospérité, la sagesse et l’immortalité aux travers de nombreuses cultures. Liée au chakra du troisième œil, elle est aussi associée à la vision claire et au savoir.  On dit qu’elle absorbe la négativité et la malchance et qu’elle élève la conscience.

Plante sacrée des peuples indigènes des Amériques

La sauge blanche a été employée par diverses tribus indigènes depuis bien longtemps. Pour les peuples autochtones des Amériques, la sauge blanche est une plante sacrée. Elle fait partie de la culture spirituelle et de la pharmacologie des Lakota et des Sioux, pour ne citer que les plus connus. Au travers de nombreuses cultures indigènes des Amériques, elle fait partie des quatre plantes sacrées majeures, aux côtés du tabac, du cèdre et du foin odorant. On la nomme sukodawabuk en langue Ojibwé. Associée à l’ouest dans la roue de la médecine, elle est liée à l’élément terre et à l’automne.

Comme toutes les plantes sacrées, elle doit être préparée avec soin par des personnes autorisées. Chaque plante sacrée a ses usages spécifiques. Le tabac est utilisé pour la prière et entrer en lien avec les esprits. La sauge blanche, elle, est brûlée pour sa fumée de sorte à purifier les espaces, les personnes et les objets, lors des cérémonies sacrées. Elle tient à distance les mauvais esprits et les mauvaises pensées. Elle sert aussi à nettoyer les énergies émotionnelles. Sous forme de thé, elle nettoie les impuretés du corps. C’est donc une plante utilisée principalement pour purifier.

Dans les cultures natives américaines, la sauge blanche est utilisée à l’occasion d’évènements importants comme les cérémonies, les naissances ou les décès. Dans certains rituels, le fait de marcher sur ces feuilles disposées au sol dégage son odeur, qui maintient la pureté de l’espace sacré. La sauge blanche est aussi présente au quotidien, jonchant parfois le sol des tipis.

La racine de sauge blanche est utilisée par les Ojibwé pour panser les plaies et arrêter les saignements, ou encore comme stimulant. Les Potawatomi l’utilisent en cataplasme et la brûlent.

La sauge à brûler (fumigation ou smudging)

La fumigation de sauge est un rituel sacré, que les peuples indigènes des Amériques ne prennent pas à la légère. Il s’agit d’être dans une certaine disposition, respectueuse et cérémonielle, pour faire usage des plantes sacrées. De la même manière que l’on brûle de la myrrhe et de l’encens à l’église, faire brûler de la sauge est un acte rituel. Les natifs brûlent parfois d’autres plantes ou des mélanges de plantes. On attribue à la fumée de sauge blanche la capacité de purifier, de protéger, de maintenir l’harmonie et de bannir les mauvais esprits et les émotions difficiles. La fumigation par la sauge blanche tient aussi à distance les maladies les afflictions.

Préparation de la fumigation à la sauge

Les feuilles de sauge blanche sont séchées et rassemblées pour créer un bâton de fumigation. On enroule généralement l’ensemble avec une cordelette. Le bâton s’utilise comme un encens de sauge blanche. On fait brûler l’extrémité du bâton, puis on souffle pour le laisser se consumer.

La sauge pour la purification

Historiquement utilisée pour purifier l’air des chambres des malades, la fumée de sauge nettoie les espaces, sur le plan physique, par ses propriétés antiseptiques, mais aussi sur les plans émotionnel, énergétique et spirituel, selon l’origine indigène de cette tradition. Cette pratique, est connue du New Age anglophone sous le nom de smudging.

Dans les tribus indigènes, on utilise la fumée du bâton de sauge pour purifier les espaces, se purifier soi-même et purifier les objets au début et à la fin des cérémonies. Cette purification peut aussi être pratiquée lors d’un changement majeur comme une nouvelle maison ou une sortie de maladie. Elle peut aussi aider à tourner la page après des évènements difficiles, une dispute ou des mauvais sentiments.

Il y a des variations entre les cérémonies pratiquées par les différentes tribus mais il existe des rituels de haute importance comme la quête de vision, la danse du soleil, ou la hutte de sudation, où la sauge est présente.

Usage de la sauge en cérémonie

Pour les peuples indigènes, la fumigation s’accompagne de prières et d’intentions. Lors d’une cérémonie visant à guérir un patient, une fois que l’espace a été purifié, le chaman purifie l’âme pour qu’elle puisse se présenter dans sa clarté devant ce que les Sioux appellent le wakan tanka, le sacré, le divin. La sauge aide à se débarrasser de l’anxiété et des poids émotionnels. Elle permet en quelques sortes d’être sur son trente et un énergétique avant d’entrer en contact avec le divin. La fumigation fonctionne un peu comme une douche avant d’entrer dans le temple.

Lorsque les chamans utilisent la sauge sacrée pour purifier un patient, ils nettoient par ce biais toutes les pensées, émotions et énergies liées à cette personne qui pourraient l’empêcher d’être réceptif à la médecine du chaman. C’est la vibration énergétique de l’espace et du corps qui est visée. Ce travail s’adresse au monde des esprits, à notre dimension invisible. Pour les chamans indigènes, la fumigation de la sauge blanche sert aussi à apporter la vision. L’accès à la vision est stimulé par l’odeur de la sauge et d’autres plantes sacrées. C’est aussi en ce sens que la sauge entre dans le rituel sacré de la « quête de vision ».

Quête de vision

La quête de vision est un processus spirituel basé sur l’isolation, le jeune et la méditation pour entrer en contact avec soi-même et avec la nature. Lors de cette quête, on allonge souvent les participants sur un lit de sauge blanche pour les protéger, éloigner les mauvais esprits et stimuler la vision.

Danse du soleil

Cette même pratique se retrouve lors de la danse du soleil, qui est peut-être l’un des rituels natifs les plus connus de la culture occidentale moderne. Telle qu’on la connaît aujourd’hui, cette danse rituelle a plus de trois mille ans. C’est une pratique qui hérite des traditions chamaniques anciennes de la « voie rouge ». La danse du soleil se célèbre lors du solstice d’été à la pleine lune. La célébration dure plusieurs jours. Les participants y dansent de longues heures en regardant le soleil. Pratiquée par les Lakota, les Cheyennes, les Cris et bien d’autres tribus, c’est une célébration majeure pour les indigènes d’Amérique, où la sauge blanche a sa place.

Temazcal et autres rituels

On utilise également la feuille de sauge blanche dans les loges de sudation (temazcal) et en inhalation pour soigner la sphère ORL. Les feuilles sont alors déposées dans l’eau de sorte à ce qu’elles macèrent, avant de verser cette eau sur les pierres brûlantes. Les peuples indigènes ont bien d’autres rituels que la quête de vision, la danse du soleil et le temazcal, exemples les plus connus. La sauge blanche tout comme les autres plantes sacrées, y est toujours à l’honneur.

Pratiques modernes de purification à la sauge

Inspirée de l’usage indigène, la purification par la fumée de sauge est aujourd’hui pratiquée à plus large échelle. C’est un acte rituel qui permet d’équilibrer le corps et l’esprit de celui qui l’accomplit, et de chasser des espaces toutes les énergies ou émotions indésirables. C’est aussi un rituel de protection.

On brûle de la sauge pour apaiser les émotions ou un esprit préoccupé. On purifie également des effets personnels avec la fumée de la sauge blanche. Il est d’usage d’adresser des prières ou des chants à la plante et de la remercier, comme le font les peuples natifs.

Purification d’un espace avec la sauge

La purification se pratique généralement dans un certain recueillement, et dans un espace préalablement rangé et nettoyé. 

Lorsque l’on purifie un espace comme un appartement, on ouvre toutes les fenêtres après avoir fini la fumigation, pour laisser la fumée s’échapper. On dit qu’elle emporte avec elle les énergies, les esprits et les émotions indésirables qui pouvaient se trouver dans cet espace. 

On purifie un espace en commençant à l’est, dans le sens d’une aiguille d’une montre. Pour purifier une maison avec de la sauge, certaines traditions commenceront à la porte. On peut aussi faire brûler de la sauge pour créer un espace favorable à la guérison avant un soin énergétique ou une pratique spirituelle.

Où acheter de la sauge blanche ?

Il n’est pas facile de se procurer de la sauge blanche. Vérifiez bien que ce que vous achetez est salvia apiana et non pas une autre sauge vendue sous un nom similaire.

Le commerce de la sauge blanche a rencontré certaines résistances de la part des communautés indigènes d’Amérique, qui considéraient que la vente abusive ne respectait pas la plante sacrée. Ils visaient particulièrement la mise en vente de sauge blanche à la traçabilité floue, effectuée par de grandes enseignes.

De part l’augmentation de la demande et le dérèglement climatiques, il y a depuis ces dernières années une pénurie de sauge blanche. Certaines variétés de sauge originaires du moyen orient peuvent remplacer la sauge blanche notamment pour les rituels de purification.

Comme pour tout achat de plantes, il est important de savoir d’où vient votre sauge blanche et dans quelles conditions elle a été cultivée. Le mode de cueillette, de séchage et de conservation sont aussi importants. Du fait d’un mouvement de mode New-Age, la demande en sauge blanche a augmenté, et il y a différentes qualités disponibles sur le marché. Certaines d’entre elles ne sont pas recommandables.

Pour savoir où trouver de la sauge à brûler, rendez-vous sur la boutique du blog !

Précautions d’emploi de la sauge

La fumée n’est pas recommandée pour tous, et il est déconseillé de brûler de la sauge, ou d’autres plantes en présence de femmes enceintes, de très jeunes enfants ou de personnes asthmatiques.

La sauge blanche, plante sacrée aux nombreux bienfaits

Les vertus de la sauge blanche sont incroyablement nombreuses. Pas étonnant qu’elle soit reconnue depuis si longtemps comme une plante sacrée par les populations indigènes des Amériques. Les pouvoirs de la sauge sont médicinaux mais aussi spirituels, car ses bienfaits touchent notre état émotionnel et énergétique, au-delà de ses effets sur le plan physique.

La fumigation de sauge séchée est ainsi entrée dans les pratiques spirituelles modernes, passant des tipis Lakota aux appartements parisiens. La sauge force le respect par ses nombreux bienfaits et son aura millénaire. Elle nous connecte à des siècles d’usages médicinaux et rituels, au travers de son odeur typique, que nos ancêtres appréciaient avant nous.


[1] Hamidpour, M., et.al, (2014). Chemistry, Pharmacology, and Medicinal Property of Sage (Salvia) to Prevent and Cure Illnesses such as Obesity, Diabetes, Depression, Dementia, Lupus, Autism, Heart Disease, and Cancer. Journal of traditional and complementary medicine, 4(2), 82–88. doi:10.4103/2225-4110.130373

[2] Ce chiffre diffère d’une espèce à l’autre.

[3] Franchomme,P, Jollois,R, et Penoël,D. L’aromathérapie exactement. Editions Roger Jollois, 2001

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