La réincarnation dans les expériences de mort imminente et expériences de l’au-delà

Les expériences de mort imminente (EMI[1] ou NDE[2]) et de sortie du corps (ou OBE[3]) sont relativement communes. Il s’agirait d’un passage temporaire dans l’au-delà, associé avec une dissociation de la conscience et du corps. La dissociation ou sortie du corps peut se produire sans EMI, mais les deux vont souvent de pair.

 Les témoignages des personnes qui ont vécu ce phénomène comportent un certain nombre d’éléments similaires, qui ont de quoi soulever de nombreuses questions.

Lors d’une EMI, la plupart des personnes relatent être passées par une sorte de tunnel, et avoir été exposés à une lumière blanche très brillante.[4] A ce moment-là, le sujet est hors de son corps et il est parfois capable de voir son corps comme une enveloppe vide. La conscience est alors séparée du véhicule physique.

Bien souvent, cette expérience s’accompagne d’une sensation de flottement, de paix et de bien-être. Dans de plus rares cas, elle est décrite comme désagréable. Parfois, les sujets à des EMI relatent avoir rencontré des entités. Ces entités peuvent être inconnues, ou peuvent être des personnes connues défuntes. Il peut y avoir une forme de communication avec celles-ci. Il arrive souvent que les sujets fassent un bilan sur leur propre vie, comme s’ils allaient effectivement mourir.

Réincarnation et expériences de mort imminente

Contextes des EMI

Les EMI peuvent se produire suite à un choc ou lors d’un coma et touchent beaucoup de patients dans les hôpitaux. Ce choc peut être un arrêt cardiaque mais il peut également être lié à une chute (nombre d’alpinistes en font état), ou un accident (comme un accident de voiture). L’anesthésie générale, la morphine, et certains types de médicaments semblent augmenter les possibilités d’EMI. Il existe aussi de nombreux témoignages d’EMI suite à la prise de certaines substances hallucinogènes, dont en particulier le DMT et ses dérivés ou le LSD.

De nombreux témoignages ont été recensés dans les années soixante-dix, en particulier par des psychiatres dans les hôpitaux comme Elisabeth Kubler-Ross[5], Stanislas Grof, ou Raymond Moody. 

Les EMI posent la question de la nature de la conscience, car des sujets en état de mort cérébrale temporaire ou sous anesthésie rapportent avoir été témoins de scènes dans cet état. Par exemple, certains sujets ont rapporté les paroles des chirurgiens lors d’opérations, ou certains détails troublants.

L’impact des EMI

La plupart des sujets à une EMI changent leur point de vue sur la vie, la mort et l’au-delà, à la suite de l’expérience. Les psychiatres notent que ces sujets n’ont plus peur de la mort, et opèrent souvent de grands changements dans leur vie : changement d’emploi ou de lieu de vie mais aussi changement dans leurs relations intimes et amicales.

L’expérience semble également profondément modifier les croyances spirituelles des sujets, qui, s’ils ne croyaient pas en un au-delà, changent bien souvent d’avis. Les EMI ne laissent certainement personne indifférent.

A l’heure actuelle, les sciences et en particulier les neurosciences n’ont toujours pas éclairci le mystère des EMI, bien qu’il existe plusieurs hypothèses.

Histoires vécues : les enfants et la réincarnation

S’il existe nombre de témoignages d’EMI, collectés principalement par des médecins et des psychiatres, nombre de personnes témoignent également d’expériences de vies antérieures. Les témoignages les plus frappants proviennent d’enfants en bas-âge.

On trouve chez C .G Jung de nombreux témoignages d’enfants qui décrivent des univers avec lesquels ils n’ont aucun lien. Par exemple, Jung relate le témoignage et les dessins d’une petite fille née en Suisse, qui décrit et dessine de façon très précise des rituels mexicains anciens. A l’époque, Jung y voit une manifestation de l’inconscient collectif et non une preuve de vie antérieure. Néanmoins, d’autres psychiatres se sont penchés sur la question au travers d’un autre prisme. Le plus connu est sûrement Ian Stevenson[6].

Xénoglossie

Stevenson ne prétend pas avoir de preuve de la réincarnation, néanmoins il dit que les cas qu’il a collecté suggèrent fortement l’existence de la réincarnation. L’un de ses arguments est le cas de la xénoglossie. La xénoglossie se produit lorsqu’un sujet se met à parler une langue qui lui est totalement inconnue.

Des cas de xénoglossie ont été observés chez des enfants en bas-âge, mais aussi chez des survivants à des accidents et des comas prolongés. Ces cas ont mobilisé linguistes et psychiatres, et sont jusqu’à aujourd’hui restés sans réponse de la science.

Les hypnothérapeutes rapportent eux-aussi des cas de xénoglossie sous hypnose. Les sujets oublient totalement la langue concernée lorsqu’ils reviennent à l’état éveillé. Grâce à des enregistrements, ces langues ont été identifiées et déchiffrées, provoquant l’ahurissement des médecins et des linguistes. Ces cas sont régulièrement rapportés au travers du monde.

Par exemple, en 2018, une famille druze a fait la une de la presse israélienne, car leur petit garçon, nommé O’Neal Mahmoud, s’était mis à parler un anglais parfait, avec un fort accent britannique, à l’âge de trois ans et demi. Les Druzes croient en la réincarnation, ce qui a facilité l’approche de la famille. Les parents étaient sidérés face à ce petit garçon qui ne cessait d’employer des expressions comme « Oh dear ! » alors que personne dans son entourage ne parlait l’anglais. La famille avait d’abord consulté les médecins car l’enfant ne parlait pas du tout. Puis, ils les ont recontactés en disant que l’enfant parlait enfin, mais « comme le roi d’Angleterre ». Personne dans son entourage ne le comprenait. Jusqu’à ce jour, personne n’a pu expliquer ce cas.

O’Neal n’est qu’un cas parmi des milliers, tous aussi mystérieux les uns que les autres. Pour Stevenson, et d’autres psychiatres, la seule explication serait… la réincarnation. Cette explication a été fortement controversée, bien que nul n’ait su en proposer d’autre. Parmi les cas d’enfants qui sembleraient suggérer la réincarnation, l’une des histoires les plus saisissantes et médiatisées est celle de James Leininger.

Histoire vécue de réincarnation : Le cas de James Leininger

Dès l’âge de deux ans, James, un petit garçon américain, fait de violents cauchemars à répétition avec toujours le même thème : un avion en flammes qui s’écrase. En grandissant, il développe une obsession pour les avions et démontre des compétences techniques et des connaissances de pilote, impossible à acquérir pour un enfant de cet âge.

Les parents, ahuris, consultent les médecins pour comprendre ce qui arrive à leur fils, qui par ailleurs mène une vie tout à fait équilibrée. Le petit James raconte à ses parents que dans ses cauchemars, il y a un homme dans un avion en feu, abattu par un avion japonais, et que cet homme, c’est lui. L’enfant donne des précisions, comme le nom de l’avion, un Corsair, et le nom du porte-avion : Natoma.

Plus tard, il donne même le nom complet de son compagnon d’équipage : Jack Larsen. Les parents, en faisant des recherches, confirment l’exactitude de toutes les informations que James leur donne : il s’agit bien d’un avion de la seconde guerre mondiale et Jack Larsen existe bel et bien. Il est encore en vie. Jack Larsen confirmera aux parents de James l’exactitude de tous les détails donnés par l’enfant.

Obligés de changer de posture face à la réincarnation, les parents de James, qui n’y voyaient là qu’une superstition, entrent en contact avec des thérapeutes spécialisés dans des troubles comme celui que rencontre leur fils.

Un nouveau monde s’ouvre à eux, car James n’est pas le seul enfant à faire ce genre d’expérience, loin de là.

Néanmoins, son cas se distingue par la précision des informations qu’il avait gardé de sa vie passée et de sa mort traumatique.

Les thérapeutes qui rencontrent ce genre de cas, disent que lorsque la mort est très violente, il arrive que les âmes se souviennent, consciemment ou inconsciemment, de leur mort dans leur dernière vie passée.

Grâce au soutien thérapeutique et aux recherches des parents, on comprend que le petit James Leininger souffre du souvenir de la mort de James Houston Junior en mars 1945. A partir de cette compréhension, les thérapeutes peuvent aider James à atténuer ses crises et obtiennent enfin des résultats.

La famille accompagne James au Japon, là où l’avion s’est écrasé en mer, pour une cérémonie d’adieu à l’autre James. Les cauchemars cessent enfin après ce voyage. Pour l’entourage, c’est la valeur thérapeutique de cet acte qui compte, que l’on croie en la réincarnation ou non. L’histoire de James a donné lieu à plusieurs documentaires et à un livre.[8] Bien qu’ils aient été accusés de faire de leur fils un phénomène de foire, les parents ont souhaité partager l’incroyable expérience de leur famille.

Le rêve et l’hypnose, portes des vies antérieures

Toutes les histoires ne sont pas aussi impressionnantes que celle de James, mais surtout elles ne sont généralement pas autant médiatisées. Pourtant bien des enfants font des rêves de cet acabit. Beaucoup d’adultes passent également par le rêve pour accéder à leurs vies antérieures. Des souvenirs de vies passées arrivent aussi à la conscience par le biais de la méditation. Par l’hypnose, on se rapproche de l’état de conscience du rêve, en entrant dans un état dit hypnagogique.

Le rêve, la méditation et l’état hypnagogique correspondent aux bardos décrits par les tibétains. Ils correspondent aussi aux états de conscience altérés établis par les neurosciences. L’hypnose est utilisée par de nombreux thérapeutes pour explorer la possibilité que des troubles puissent provenir de vies antérieures.

Cette pratique a donné lieu à un courant nommé « karmathérapie » aux Etats-Unis. Bien souvent lorsque les thérapeutes ne trouvent aucune raison à un trouble dans l’enfance du patient, ils recourent à la régression dans les vies passées. Il est surprenant de constater que ces thérapeutes obtiennent bien souvent d’excellents résultats. Nous consacrons un article à ce sujet : L’hypnose de régression pour retrouver ses vies antérieures.

Le mystère perdure

Malgré des millénaires d’intérêt pour le sujet, personne n’a encore prouvé que la réincarnation existe ou qu’elle n’existe pas. Les témoignages d’expériences de vies antérieures et d’un entre-deux monde, ou au-delà, continuent pourtant d’abonder. La posture sceptique laïque et moderne reste très minoritaire dans l’histoire de l’humanité. Nombre d’ouvrages, d’œuvres cinématographiques et d’œuvres d’art continuent d’aborder ce sujet.[9]

L’importation des concepts de la spiritualité indienne en Occident, montre également un grand intérêt pour ces questions non résolues. Il est bien probable que la mort, l’au-delà et la réincarnation continueront de fasciner et de faire couler de l’encre pour de nombreuses années à venir …


[1] Terme proposé par Victor Egger en français en 1896.

[2] En anglais « Near Death Experience », terme originellement employé parle psychiatre Raymond Moody dans les années soixante-dix.

[3] En anglais « Out-of-Body-Experience »

[4] Le film Hereafter  par exemple le met en scène.

[5] Voir  La vie après la vie, Elisabeth Kubler-Ross, 1975.

[6] Professeur de psychiatrie à l’Université de Virginie et spécialiste de la réincarnation.

[8] Andrea et Bruce Leininger Soul Survivor, the Reincarnation of a World War II Fighter Pilot

[9] Récemment les films Cloud Atlas et I, origins ont soulevé le débat.